Faut-il haïr les roulottes et les VR?

J’ai roulé un peu, au Québec et aux États-Unis, pendant mes vacances. Et j’ai à nouveau été frappée par le fait qu’il y a deux sortes de vacanciers sur les routes.  Un, ceux qui tirent une roulotte ou conduisent un VR (véhicule récréatif). Et deux, ceux qui disent tout le mal possible des premiers : « Quelle engeance. Ça ne vient pas à bout de dépasser dans une côte, ça crée des bouchons. C’est dangereux. Et puis, imagines-tu combien ça pollue? (Variante depuis 2010 environ : « te rends-tu compte de l’empreinte carbone de ces machins-là? ») En plus, en contribuant au minimum à l’économie locale. Et puis, à quoi ça sert de voyager, si c’est pour traîner sa maison et ses petites habitues ? Et on n’est jamais en contact avec le « vrai » monde, avec la réalité des places que l’on visite. » Etc., etc., etc.

Vous l’aurez sans doute deviné, je suis plus proche de la deuxième catégorie. Et oui, j’ai régulièrement fait ce genre de commentaire.  Jusqu’à récemment.

Camping en VR

Le camping en véhicule récréatif (VR): est-ce vraiment un crime contre l'environnement ? (Source de l'image: http://campingpassion.forumactif.ca/)

Non, je ne me suis pas acheté de VR ou de roulotte, et je n’en ai pas l’intention. Mais plus ça va, plus je me dis que le genre de discours qui décrie le camping-caravaning comme la quintessence,  à la fois, de la quétainerie et du crime environnemental, ne mène pas à grand-chose.

Parmi les exemples de ce genre de discours, on peut citer cette chronique du réputé journaliste et commentateur environnemental Louis-Gilles Francoeur à la radio de Radio-Canada il y a un peu plus d’un an, sur l’empreinte écologique des vacances. « On en voit qui s’achètent de véritables autobus et qui traînent un autre roues motrices en arrière, comme si c’était une chaloupe de secours. Imaginez-vous la consommation d’essence de ces monstres-là. Là, il y a un problème de responsabilité sociale. Et c’est le tourisme mécanisé. C’est le régime de la bielle, finalement. (…). Dès qu’il manque un pain, tu prends la route, et finalement, on passe l’été sur la route. (…) Au total, la dépense d’énergie est énorme. Il y a certainement une vision à changer dans ce domaine-là. (…) »  Plus récemment, il y a cette chronique de Patrick Lagacé dans La Presse, qui nous présente les  « saisonniers » du célèbre camping    Ste-Madeleine sous un jour pas vraiment flatteur.  D’ailleurs, le sujet des« campeurs saisonniers » en général, et de Ste-Madeleine en particulier, mérite à lui seul un autre blogue, et j’y reviendrai. Mais continuons avec les « routeurs » pour l’instant.

Dans le courant de cet été, en faisant mon jogging entre les roulottes et les VRs, dans un camping du Maine pas de mon cottage, je me faisais le genre de réflexion que je me fais  de plus en plus : bien sûr, ce n’est pas mon choix, mais, pour que tant de gens le fassent, il y a sûrement des avantages –économiques et autres- à choisir cette formule; quels sont-ils? (Un aparté sur d’autres bienfaits du jogging, en plus de ceux que j’ai déjà abordés : promenez-vous dans un camping en marchant, ou même à vélo, ou vous considérera comme un écornifleur et on vous regardera de travers; quand vous le faites en « joggant », tout le monde vous salue aimablement.) Et sur la route, chaque fois que nous dépassons un de ces énormes « VR » tirant une voiture parfois aussi grosse qu’un Honda CRV, je me pose les mêmes questions : combien cela consomme-t-il d’essence au juste? Qui sont ceux qui les achètent, et les conduisent? Quels avantages trouvent-ils à voyager de la sorte Et puis, l’environnement entre-t-il en ligne de compte? Les propriétaires de VR et de grosses roulottes sont-ils majoritairement du genre « après moi le déluge », où ont-ils fait leurs calculs, y compris sur le plan environnemental? Quelqu’un, quelque part, leur a-t-il déjà posé ces questions? Il me semble que cela mériterait une analyse rigoureuse un jour.

Et tant qu’à questionner, questionnons tout :  laisse-t-on vraiment moins « d’empreinte écologique » en se promenant en VR pendant ses vacances qu’en se rendant les week-ends à sa maison au bord du Lac Memphrémagog, du Lac Brome, du Lac Ouareau ou du Lac des Sables ? Et en s’envolant d’autres fois pour Paris, Venise, Londres,  Dubrovnik ou Petra? Et puis, en visitant l’Amérique, est-on tellement moins en contact avec la réalité locale et le « vrai monde » en allant de camping en camping avec son VR ou sa roulotte qu’en prenant part à un voyage en vélo organisé par Vélo Québec, Adventure Cycling, ou Butterfield and Robinson ? Qu’en aboutissant, un peu partout dans le monde, dans des repères pour touristes branchés, aiguillés par des guides comme le Lonely Planet ?

Il y a sûrement bien des choses à critiquer et à questionner autour du camping-caravaning. Mais rendons-nous compte que, dans les énoncés qui se promènent dans les médias au sujet de l’ »empreinte environnementale » des VR et des roulottes, il y a une bonne part de snobisme. Et, si ce genre de tourisme est tellement décrié, c’est en partie parce qu’il ne fait pas « chic », et ne correspond pas aux goûts de ceux qui détiennent les tribunes en matière d’environnement, de tourisme et de tendances. Ne croyez-vous pas ?

  1. Le bronzage, bientôt « out » | Le blogue de Marie-Claude Ducas - pingback on 14 août 2012 at 15 h 25 min
  2. Salut Cousine! Je fais parti des gens qui font du camping-caravaning, j’en fait depuis 24 ans maintenant. 23 ans avec motorisé de classe C 23′ sans tirer une auto et maintenant depuis un an, un Classe A de 32′, sans tirer une auto, nous avons nos vélos, patins à roues alignées. J’ai fait le Canada d’un océan à l’autre. J’ai visitée la Gaspésie avec tout ces phares, ports de pêches, parcs, jardins des métis etc. Iles de la Madeleine trois fois, la côte Nord, charlevoix, Lac St-Jean,2 fois le N-B, Vancouver, Jasper, Banff, Edmonton, Calgary, Régina. Floride 5 fois. J’ai visité entre autre Zoo Calgary, musée Tyrell Paléonthologie dans les Bad Lands, Zoo Toronto, Tour CN, Ontario Place, Mont Sulfur, Cave & Bassin à banff, etc. Nous faisons notre commande au supermarché local, nous allons aussi au restaurant . Nous contribuons à l’économie local. Nous sommes chez nous partout. C’est une autre façon de voyager. Auto et l’hotel, ou avion et hotel. Nous motorisé. Si tu veux en savoir plus, contact moi, ça me fera plaisir de te répondre.

  3. Pour en finir avec les abris Tempo | Le blogue de Marie-Claude Ducas - pingback on 18 novembre 2012 at 23 h 02 min

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