Est-ce la touche de Dimitri Soudas? Après l’avalanche de courriels du bureau de Stephen Harper, voici ceux du Comité olympique canadien.

Depuis le début de l’année, une question me trottait dans la tête, sans que j’aie trop le temps de m’y arrêter : comment se fait-il que je reçoive tout à coup, tous les jours, des courriels du Comité olympique canadien (pour un total d’une bonne dizaine chaque semaine), alors que je suis loin de couvrir le sport de façon régulière (pour dire le moins)?

La réponse a fini par émerger dans mon esprit cette semaine.  « Ça me rappelle quelque chose », me disais-je, alors que j’effaçais quelques-uns des courriels, sans les avoir lus. « Tiens donc, c’est exactement ce que je faisais avec les innombrables Statement/Déclaration,  Media Advisory/Avis aux médias, Release/Communiqué,  Photo release/Communiqué photo et Photo and Video Release/Communiqué photo et vidéo, envoyés chaque jour par le PMO-CPM (Prime Minister Office / Cabinet du premier ministre); et ce, même si tout est accessible en tout temps sur ce site. Et puis là, illumination : « Hé, mais, n’est-ce pas justement l’ancien responsable des communications de Stephen Harper qui est rendu au Comité olympique canadien?» Une petite recherche et bingo! (ou Google!, plutôt), chose confirmée : c’est bien Dimitri Soudas, ancien directeur des communications du premier ministre Stephen Harper, qui est devenu, en septembre dernier, directeur exécutif des communications du Comité olympique canadien.  .

Comité olympique canadien - logo

Si on recoit déjà tous ces courriels, qu'est-ce que ce sera pendant Londres 2012...

C’est ainsi que nous avons droit (combien sommes-nous d’ailleurs à les recevoir, au juste?) à ces merveilleux courriels qui nous ont permis d’apprendre, entre autres, que « L’énergie et l’esprit sportif de l’équipe canadienne continuent d’impressionner, alors que la huitième journée de compétition s’est conclue avec une autre médaille pour le Canada. L’Équipe olympique canadienne de la jeunesse a maintenant quatre médailles à son actif : deux médailles d’or, une d’argent et une de bronze. » Ou encore de tout apprendre sur la déclaration faite par Le président du Comité olympique canadien, Marcel Aubut, « à la suite de la nomination de cinq femmes ayant des liens avec l’Équipe olympique canadienne sur la liste des femmes les plus influentes dans le sport et l’activité physique en 2011 établie par l’Association canadienne pour l’avancement des femmes, du sport et de l’activité physique. » Je vous épargne le reste. De toute façon, vous pouvez tout retrouver, si cela vous chante, sur http://www.olympic.ca/fr/.

Et sur ce, je me désabonne de cette liste aussi. En me disant que, franchement, si on reçoit déjà un telle quantité d’envois, qu’est-ce que ça va être à l’approche de Londres 2012… Et pendant les Jeux, donc ! Il n’y aura plus de place pour quoi que ce soit d’autre dans ma boîte courriel. En avec questions, non que j’espère vraiment des réponses :  y a-t-il vraiment là des stratèges en communications qui s’imaginent qu’un telle façon de faire puisse accomplir quoi que ce soit pour leur organisation? Et y a-t-il vraiment quelque part des journalistes, ou qui que ce soit d’autre, qui lise vraiment ces courriels?

  1. La question qu’il faut surtout se poser: Cette information que possède le bureau du premier ministre, comment se fait-il que tous et chacun puisse partir avec ainsi? N’y a-t-il pas une certaine netiquette quand au partage de ces données? Une responsabilité quand à la protection de ces données? Et quoi ensuite? Qui d’autre pourrait ensuite mettre la main sur cette liste de courriels?

    • Marie-Claude Ducas

      @Michel: pas de chance, je comptais justement pour des connaisseurs comme toi pour m’expliquer cela ;-)… De même que d’autres aspects, à commencer par: où et comment récupèrent-ils tous ces courriels pour commencer? Comment est établie leur liste d’envois? J’entends plein de gens me dire qu’ils reçoivent ces courriels, alors qu’il n’ont absolument rien à en faire, qu’ils ne sont pas forcément journalistes et, si oui, n’ont aucun intérêt pour couvrir ces sujets.

  2. Michel D. a raison, mais c’est pire encore: c’est pas une simple question de netiquette, il y a des règles strictes au Canada sur l’accumulation, l’utilisation et le partage de renseignements personnels. Que Dimitri Soudas ait quitté le PMO avec une liste d’adresses qui appartient au PMO enfreint non seulement la netiquette, ça brise toutes les lois de protection de la vie privée.

    Tous les détails: http://www.priv.gc.ca/index_f.cfm

  3. Bien envoyé, et nul comme stratégie dans un sens comme dans l’autre.

Laisser un commentaire